Adaptons nos ambitions à nos moyens (et non l’inverse)  (partie II) 

(contact : troozinfo@gmail.com)


Un homme (ou une femme) politique n’est jamais aussi heureux …

…que quand il peut dépenser. Non pas qu’il s’agisse d’une fin en soi mais cela lui permet de concrétiser son ambition la plus « chère » : répondre aux attentes de ses concitoyens.

Bien sûr, et heureusement, tout n’est pas qu’une question d’argent mais les moyens financiers sont le plus souvent nécessaires pour agir.

Organiser des activités pour les pensionnés, entretenir les routes, embellir les rues, proposer des services administratifs performants, encourager le monde associatif, promouvoir le commerce, investir dans l’isolation des bâtiments, rémunérer correctement les employés et ouvriers, choyer les écoliers et leurs enseignants, remplir les missions de police, assister les plus démunis et aider à la réinsertion des personnes qui ont perdu pied… : tout cela demande de l’argent ; beaucoup d’argent.

La bonne gestion communale des finances publiques veillera à assurer l’équilibre budgétaire à moyen et long termes : un budget pourra temporairement être négatif mais dans une perspective de développement du patrimoine communal et de retour maîtrisé à l’équilibre.  

En toutes circonstances, des choix doivent être faits et c’est au politique à les assumer.

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Les missions communales sont variées : des choix s'imposent...

 

Voir plus loin que le bout de son nez… et oser regarder l’horizon.

En tant que membre de l’opposition, je prends connaissance de ces choix et je les critique, positivement ou négativement selon ce que je crois être bien pour l’intérêt général aujourd’hui, demain et aussi après-demain. Dans l’espoir que les membres de la majorité qui décident (soit une partie d’entre eux) entendent mes arguments et en tiennent compte.

Evidemment, c’est là une vision théorique, naïve de la politique car dans la réalité, beaucoup d’autres éléments moins nobles entrent en compte : les égos, les concurrences, les positions dogmatiques, les (in)compétences…  Mais la politique telle que je la conçois, et telle que les citoyens la souhaitent, se doit d’être constructive, mais sans complaisance.

Même si les choix qui sont faits ne me semblent pas toujours pertinents, le pire me semble être de ne pas faire de choix, comme quand un mandataire ne fait rien dans un domaine pourtant de sa compétence… parce qu’il en ignore absolument tout. Et que rien ne s'arrange avec le temps qui passe. Heureusement à Trooz cela n’existe pas (...).

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... mais des actions s'imposent... qui ne nécessitent pas toujours de gros moyens.  

 

Du gaz de schiste à Trooz ? Pourquoi allons-nous devoir apprendre à vivre avec des moyens… plus modestes ?

D’aucuns pensent que la période de disette actuelle (la « crise » financière à commencé en 2008) n’est que temporaire et que tout doit être fait – « à n’importe quel prix » – pour relancer la machine économique, rétablir la compétitivité de nos entreprises, encourager la grande exportation, promouvoir l’innovation, préparer les jeunes au marché du travail de demain… C’est d’autant plus savoureux quand cela sort de la bouche de Monsieur Marcourt, qui ne doit se rappeler qu’il est socialiste que le 1er mai lorsqu’il lève le point, chante l’Internationale puis va boire un pot avec ses camarades.

C’est vrai : notre modèle social est basé sur une prospérité économique… que nous pourrions ne jamais retrouver ; en tout cas une "prospérité" basée sur une bête et méchante croissance. Si nous sommes demain plus forts, plus performants, plus compétitifs, plus plus plus…, nous aurons en face de nous des voisins (puisque le monde n’est jamais qu’un vaste village) moins forts, moins performants, moins compétitifs… et plus pauvres, prêts à se sacrifier plus encore pour reprendre le leadership. Le système actuel favorise le dumping social ; les gens travaillent plus (ou pas du tout) et sont de moins en moins biens. Et cela, personnellement, ne me semble pas très équitable ni souhaitable.

Notre modèle basé sur une croissance continue ne tient pas la route ; sans même parler des limites physiques de notre monde fini (l’espace, les ressources, la résilience de notre planète et des écosystèmes aux pollutions…), il va se prendre le mur de face et ne s’en remettra certainement pas.

Certains - aux niveaux local ou mondial - voient le salut dans l’exploitation de nouvelles ressources énergétiques comme le gaz de schiste ou les sables bitumineux : allez voir comment cela se traduit sur le terrain dans le Texas ou l’Oklahoma aux Etats-Unis et en Alberta au Canada par exemple : c’est dévastateur, temporaire et… non durable.

D'autres - de plus en plus nombreux - bêlent que les pouvoirs publics doivent cesser leur politique d'austérité et investir dans les grands travaux et le social (engager dans les grandes entreprises toujours en partie publiques...) en s'endettant encore un peu plus, sans se préoccuper du fardeau plus lourd encore que nous lèguerons aux prochaines générations. Sans jamais se remettre en question, liant indéfectiblement consommation et bien-être. Parmi eux, quelques débiles plus profonds encore et franchement irrécupérables prônent la relance par l'offre...

Il y a de l’argent, direz-vous. Les récentes révélations sur les pratiques de ruling au Grand-Duché de Luxembourg (notamment) en attestent mais elles montrent aussi combien la construction (économique) européenne sans harmonisation fiscale est une dangereuse farce. C’est la faiblesse du pouvoir politique, qui fraie depuis trop longtemps avec le monde économique, qui est responsable de ce dumping fiscal, terriblement préjudiciable pour le plus grand nombre (en fait vous et moi). Je n’en veux pas particulièrement aux socialistes mais quand je les entends notamment pester contre les intérêts notionnels qui permettent aux grandes sociétés d’éluder l’impôt, je me demande ce qu’ils ont fait au Fédéral… ces dernières 25 années.

Et pourtant, notre modèle social, celui tant vanté par nos politiques de tous bords… a de l’avenir. Deux éléments sont néanmoins nécessaires :

  • son socle ne pourra plus être demain cette bête et méchante croissance mais la décroissance (qui n’a rien à voir avec la croissance négative cqfd – que ceux qui veulent en savoir plus lisent Serge Latouche) qui ouvre le champ de la durabilité des modes de vie, de la soutenabilité écologique et de la convivialité ;
  • le pouvoir politique doit jouer son rôle, reconquérir sa légitimité auprès du public, retrouver et exercer pleinement ses prérogatives, viser l’intérêt général dans une perspective de long terme (c’est beaucoup lui demander, c’est vrai).

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Et à Trooz ?

Revenons à nos affaires : comment équilibrer les (prévisions de) recettes et les dépenses ?

 

 

 


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