5 ans de placard et puis revient...
 

(contact : troozinfo@gmail.com)

En intégrant la majorité régionale voici 5 ans, Ecolo avait obtenu le gel du projet de liaison autoroutière Cerexhe – Heuseux – Beaufays : la Déclaration de Politique Régionale indiquait qu’il ne se réaliserait pas « pendant la législature du Gouvernement wallon 2009 – 2014 ». La zone de réservation au plan de secteur n’a quant à elle pas été supprimée.

Dès 2007, des citoyens visionnaires et opposés au projet CHB (dont le chef de file actuel de Vega) rapidement rejoints par Ecolo ont réclamé le retour du tram à Liège. Dans la perspective de l’organisation de l’exposition internationale 2017 à Liège, l’ensemble des partis se sont alors eux-aussi déclarés favorables au projet. La réalisation très prochaine de la ligne de Sclessin à Coronmeuse (avant Jemeppe-sur-Meuse – Herstal…) constituera le premier axe auquel s’arrimera le réseau structurant des TEC pour desservir toute l’agglomération liégeoise de manière plus efficace et performante. Signalons aussi que la libération au niveau du Boulevard d’Avroy du site propre emprunté aujourd’hui par les bus offrira une magnifique opportunité d’y aménager une voie sécurisée pour les déplacements doux (vélos), dont profiteront tant les habitants que les visiteurs de la ville.

 

Pourquoi CHB ?

Nouvelle élection régionale, probable nouvelle majorité et possible sortie du frigo du projet…

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Un chaînon autoroutier enjambant la vallée de la Vesdre à hauteur du quartier de La Brouck : un projet d'avenir ?

Présenté par ses partisans comme LE chaînon manquant entre l’E40 et l’E25 à l’est de Liège, le projet CHB est à nouveau revendiqué par le CdH (GRAFE…), le PS (MARCOURT…) et le MR (BACQUELAINE…). Et ce malgré les conclusions définitives du bureau d’étude TRANSITEC qui a réalisé le Plan Urbain de Mobilité (PUM) de l’agglomération liégeoise, et qui disent notamment ceci :

  • la jonction autoroutière CHB n’est pas nécessaire ;
  • si le trafic routier continue d’augmenter, il conviendrait d’étudier la faisabilité d’une nationale reliant les deux autoroutes.

    Soyons complets : la liaison ROUTIÈRE évoquée dans l’étude TRANSITEC en remplacement de la liaison AUTOROUTIÈRE CHB en cas d’augmentation du trafic est une 2 fois une bande de circulation, d’une emprise et d’un coût sans commune mesure avec l’autoroute et dont le tracé et le dimensionnement précis ne devraient être déterminés que dans plusieurs années. Mais cette augmentation du trafic n’est pas inéluctable, et donc pas plus cette liaison routière ! D’autant plus que plusieurs politiques manifestent discrètement leur souhait de lui donner un plus gros gabarit, sur base de leurs « impressions de ce qu’ils pensent devoir être fait ».

Vu ses conclusions non conformes aux attentes du PS et du MR, le PUM est « en attente d’approbation par le Gouvernement wallon ». Bref, il est au frigo. Les choses sont donc bien claires : si Ecolo ne rempile pas à la Région, le PUM sera modifié selon les convenances des partis politiques au pouvoir à Namur pour y réintégrer le projet d’AUTOROUTE avant d’être approuvé illico.

 

Liège mise sur la logistique pour son « redéploiement », et sur la route comme principale voie de distribution des marchandises.

La vraie raison de la volonté farouche de certains – politiques et autres – de réaliser CHB est à rechercher dans le délestage d’autres tronçons (auto)routiers saturés et la création d’une nouvelle voie de sortie des cohortes de camions qui desserviront la future plateforme multimodale de fret d’Hermalle dans la Basse Meuse liégeoise (Trilogiport). Bref, une vision qui privilégie le court terme et qui évite toute remise en question du modèle du « (presque) tout sur la route ». On vous épargne les motivations irresponsables comme, par exemple, celles de M. BACQUELAINE qui souhaitait encourager, par un meilleur accès, la construction d’un nouveau casino dans la vallée, à l’entrée de Chaudfontaine (l’investisseur potentiel à jeté le gant…). Le manque de vision d’ensemble et d’avenir est un vrai poison pour notre bien-être et celui des futures générations !

Car il ne faut pas se tromper : CHB serait avant tout une autoroute à camions !

Estimé à l’époque à 600 millions d’euros, certains parlent aujourd’hui… du milliard (à emprunter…) ! Excusez du peu à l’heure où la Région n’a plus les moyens d’entretenir correctement ses infrastructures (auto)routières et où il est plus urgent que jamais de poser les jalons d’une mobilité plus durable et responsable.

En matière de mobilité, vu le coût et la durée de vie des infrastructures, il est essentiel de réfléchir à long terme : augmentation du prix du pétrole, fiscalité verte imposée par l’Europe, réchauffement climatique, évolution des besoins des personnes et des entreprises…

L’augmentation continue du trafic n’est pas une fatalité ; il n’est de toute façon pas tenable ! Les efforts doivent d’abord et avant tout porter sur :

  • le covoiturage et la responsabilisation de tous les acteurs ;
  • la réorganisation de tous les transports en commun autour du tram à Liège ;
  • l’entretien des infrastructures existantes ;
  • l’aménagement de l’échangeur très dangereux de Cheratte.


Et aussi le basculement du transport des marchandises de la route vers la voie d’eau et le ferroviaire (TGV fret notamment) ! Evidemment, cela nécessite de réorganiser le tissu industriel et d’arrêter son mitage sur tout le territoire !

 

Investir dans CHB serait irresponsable

Toute nouvelle infrastructure routière agit en augmentant les « besoins » en mobilité et ne fait que de reculer de quelques années les problèmes de congestion du trafic routier ; le coût financier énorme accaparerait tous les budgets d’entretien du réseau routier existant !

Le meilleur exemple est donné par le Tunnel sous Cointe : avec sa mise en service, le nombre de voitures sur les quais de la Meuse est passé de 60.000 / j à 45.000. Depuis, le trafic augmente progressivement et on en est aujourd’hui à… 60.000. Résultat : de nouveaux gros travaux rive gauche de la Meuse pour essayer à nouveau de dompter la voiture. Quant au Tunnel, il est saturé aux heures de pointe.

 

Et à Trooz, qu’aurions-nous à gagner ?

L’argument le plus évident et souvent entendu serait… un accès plus facile à la vallée, et donc un plus grand potentiel de clients pour les commerces et les activités économiques en général de la Commune. L'ancienne majorité ne disait pas autre chose puisqu'elle demandait... une bretelle d'accès à cette autoroute en compensation ! 

Défendre l’idée d’une liaison routière coûteuse, bruyante, grande consommatrice d’espace et destructrice de zones vertes… ne peut reposer sur des enjeux locaux et des avantages escomptés… erronés. Plusieurs éléments permettent de penser que les choses ne se passeraient pas du tout comme cela :

  • permettre à un flux de voitures de se déverser directement dans la vallée créera directement des gros problèmes de congestion routière sur la nationale et les routes secondaires qui la desservent ;
  • un accès à l’autoroute facilitera le départ des Trooziens tentés d’aller faire leurs courses… dans les (futurs) centres commerciaux des communes voisines ;
  • l’aménagement d’une nouvelle voie rapide encouragera l’exode urbain, accroîtra la pression foncière toujours plus loin de la ville et conduira à urbaniser plus encore nos campagnes.

Quant à cette idée d’aménager un parc d’activités économiques à proximité de la nouvelle (auto)route à hauteur du plateau au dessus du versant droit (sous Magnée) ou sur l’ancienne terrasse alluviale au dessus du quartier de La Brouck, elle confirmerait cette mauvaise habitude qu’ont de nombreuses communes wallonnes de vouloir disposer à tout prix de leur propre parc quelque soient les caractéristiques des lieux. Source de recettes supplémentaires… mais aussi d’importants coûts publics pour les aménagements d’accès et de sécurisation, les apports en énergie, la récolte des eaux de pluie…, cette approche individualiste de l’organisation du tissu économique est en plus sans garantie de création d’emplois au profit des habitants locaux.

 

La position de la majorité de Trooz

Ce n’est pas librement que voteraient - le moment venu - les élus de la majorité à Trooz lorsqu’ils devraient se prononcer sur le PUM : les directions des partis mais aussi les puissants à la tête de Liège Métropole (qui rassemble les 24 Bourgmestres de l’arrondissement de Liège) et de la SPI (promotrice du Trilogiport) imposeront leurs vues. Oser s’y opposer réclamerait beaucoup de courage politique et une vraie vision d’avenir.

C’est pourtant ce qu’il faudrait faire pour conserver les qualités de notre commune, l’intérêt des citoyens… et l’avenir de tous.

Une exception : Ecolo et EcoVa qui se sont toujours opposés au projet de liaison (auto)routière CHB.

Regarder devant soi, c’est le sens même de la mobilité !

 

 


 


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