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La fagne est le berceau de la Vesdre.                                        Le Lac d'Eupen.

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Rapidement, la vie envahit la rivière et ses abords.

  

Trooziens, la Vesdre s'écoule à nos pieds, depuis toujours.

Que sait-on de cette rivière à laquelle nous n'accordons généralement qu'un regard furtif, indifférent, désintéressé ? Pas grand chose, et pourtant...
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Douce et scintillante dans la fagne du Steinley où elle prend naissance, la Vesdre se présente sous la forme d’un chevelu de petits cours d’eau qui confluent les uns avec les autres. Déjà, elle affirme sa personnalité, aidée en cela par les paysages grandioses d’une nature qui semble intacte.

Elle descend assez vite de son plateau, traverse des massifs forestiers… et rencontre les premiers hommes qui paraîssent ne pas vraiment s’intéresser à elle. Elle accueille aussi progressivement la vie au fur et à mesure que son acidité décroît : des plantes aquatiques, des invertébrés puis les premières truites…

La rivière prend confiance en elle, s’affirme… puis tombe dans le lac d’Eupen où ses eaux mais aussi celles de la Getz et de la Helle semblent se diluer à l’infini ! C’est l’homme qui en construisant une muraille en travers de la vallée l’a inondée pour retenir une ressource de plus en plus convoitée. Le réservoir alimente aujourd’hui des milliers de personnes en une eau potable de qualité.

Ce n’est pas le seul usage qu’en feront les hommes au cours des siècles ! Nombreux sont les biefs aménagés sur le cours principal de la rivière mais aussi ses nombreux affluents, pour capter la force hydraulique nécessaire au fonctionnement de nombreux moulins, forges et laminoirs. Très pauvres en minéraux, et donc non réactives avec les savons, les eaux douces de la Vesdre sont idéales pour laver la laine ; du XVIIIe au début du XXe siècle, Verviers fut un centre européen très important de production lainière, où travaillaient des milliers d’ouvriers.

Plus en aval, lorsque son cours se sera élargi, la Vesdre servira aussi de voie de communication pour les marchandises. Au XVIIIe siècle, elle était navigable de Chênée à Goffontaine. Sur ce parcours, 17 digues étaient équipées d’un pertuis permettant le passage de barques à fond plat, les « betchèttes ». L’industrialisation du « Pays de Liège » mettra fin à ce transport bien trop artisanal par rapport aux besoins… et aux ambitions des capitaines d’industrie. Docile lorsqu'elle étale ses larges méandres, la rivière sait aussi se faire capricieuse et même tumultueuse lorsque ses eaux gonflées par les orages dévalent en grondant.

Malheureusement, la rivière sera aussi et pendant longtemps un moyen commode pour se débarrasser de toutes sortes de déchets. Si les colorants utilisés dans l’industrie lainière ont été les plus visibles mais pas les plus nocifs, une pollution généralisée du cours d’eau par des effluents industriels et domestiques supprimera presque toute vie dans la rivière pendant pratiquement tout le XXème siècle !

Oubliant ses origines, les niant même, l’homme n’aura de cesse de vouloir s’affranchir des lois de la nature qu’il considère sinon comme hostiles, comme un frein au développement et au progrès. La rivière doit être domptée ; son cours sera modifié en maints endroits, ici pour assainir de nouveaux espaces dévolus à l’industrie et à l’habitat, là pour permettre le passage de la nouvelle ligne de chemin de fer dans la vallée. Le lit sera aussi endigué sur des kilomètres, rompant ainsi des équilibres naturels et sacrifiant des sites de grande valeur écologique. Ces terrains remaniés seront facilement colonisés par les plantes exotiques envahissantes que sont la Balsamine de l’Himalaya, la Renouée du Japon et la Berce du Caucase.

La fermeture les unes après les autres des vieilles usines polluantes et la mise en service très progressive de stations d’épuration vont réhabiliter progressivement cette rivière dont beaucoup avaient oublié combien elle peut être belle. Reste à lui rendre certains espaces nécessaires à son étalement en cas de fortes eaux et à l’épanouissement de la nature.

Aujourd’hui, les relations entre l’homme et la rivière sont apaisées. Les atteintes à l’intégrité de la Vesdre n’ont pas cessé mais elles sont dénoncées. Des efforts doivent encore être entrepris pour qu’elle redevienne cet atout qu’elle n’aurait jamais dû cessé d’être. Les pêcheurs, les marcheurs, les photographes… sont les premiers à avoir à nouveau arpenté les bords de rivière pour renouer avec celle qu’ils n’ont jamais cessé d’aimer… et de détester parfois. Ils sont les premiers de cordées qui verront les riverains et tous les habitants du bassin se réapproprier une compagne fidèle et finalement bien peu revancharde.

 

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La Vesdre sait se faire enchanteresse. Tumultueuse aussi ! 

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Déchets, pollutions, plantes exotiques envahissantes, endiguement... : autant d'atteintes et de menaces graves pour l'intégrité de la Vesdre... et le confort des riverains.

 

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La Vesdre a fait la prospérité de toute la vallée depuis des temps reculés. Elle a fourni du poisson, de l’énergie hydraulique pour alimenter les moulins et les forges, elle a servi de voie de communication, sa douceur due à sa pauvreté en minéraux favorisait le lavage de la laine… L’usage de la Vesdre n’a pas toujours été aussi noble...
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