(contact : troozinfo@gmail.com)

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Conserver un outil 100% public sinon...

rembourser les Communes.

De quoi parle-t-on ? Rapide rappel.

Pendant longtemps, les communes se sont financées auprès du Crédit Communal. Sans risques puisque elles étaient les seules propriétaires de la banque dont la fonction était de prêter aux autorités locales contre une souscription d'actions d'au moins 5 %.

A partir de la moitié du siècle dernier, les opérations du CC se sont progressivement étendues aux particuliers avant de se diversifier, puis de s'étendre à l'international, de développer des activités de gestion de fortune, multiplier les prises de participation... pour finalement s'allier en 1996 au Crédit Local de France et donner naissance à Dexia.

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L'appétit venant en mangeant... Nouvelles prises de participations à l'étranger, entrée en bourse à Bruxelles et Paris...

En 2000, Dexia franchit l'Atlantique et rachète Financial Security Assurance aux USA, l’un des leaders du "rehaussement de crédit des obligations municipales". Je ne vous explique pas la suite en détails, j'en suis incapable. Comme l'ont été bien des banquiers qui ont - avec l'argent des autres - acheté des actifs d'institutions américaines de crédit immobilier à taux bas proposés à des ménages... incapables de rembourser. Nos banquiers ont donc fait de la "titrisation", sans trop savoir ce que recouvraient ces titres !

Principale motivation : ça peut rapporter gros... et aussi couler une banque en cas de retournement de conjoncture. Mais bon, en attendant...

Et comme il s'agissait d'activités en quelque sorte fictives puisque basées sur la hausse continue et supposée infinie de l'immobilier sensé servir de garantie aux prêts, la bulle spéculative a fini par éclater en emportant avec elle toutes ces institutions bancaires principalement européennes dopées aux « Credits Default Swap », institutions dont les dirigeants et leurs affidés ont manifestement considéré que le résultat avait plus d'importance que la manière, le rendement plus que l'éthique, le salaire et les bonus plus que l'épargne des citoyens et... des communes.

C'était l'époque durant laquelle vous pouviez acheter à Minneapolis ou Détroit trois maisons pour le prix d'une, des milliers d'Américains (parfois sans emploi...) incapables de rembourser leur prêt immobilier ayant été chassés de leur habitation.

Bref, face à la perte de valeur de ces titres devenus invendables achetés par Dexia et consorts, il a fallu que l'Etat belge (comme l'Etat français) mais aussi les collectivités locales interviennent pour sauver in-extremis le groupe de la faillite en 2008… qui sombrera finalement en 2011. Des milliards d’euros d’argent public ont été perdus, dont le bas de laine de nombreuses communes wallonnes parmi lesquelles Trooz. Et au final une ardoise monumentale présentée... à la population. Parce qu'il ne faut pas se tromper : des communes en difficulté financière, qui ne disposent que de moyens modestes et de capacités d'investissement réduites, c'est moins de services publics, moins de solidarité avec les populations modestes, un patrimoine qui se dégrade, une incapacité à initier la transition énergétique...

Quant à la Banque Belfius, elle provient du démantèlement du groupe Dexia en 2011.

Ironie : après l’avoir sauvée puis rachetée pour 4 milliards d’euros, Belfius rapporte de l’argent et... l’Etat belge veut la privatiser via une entrée en Bourse et la vente de 30% de ses parts. C'est la vision libérale et court termiste des choses qui veut que ce ne soit - évidemment - pas à l'Etat à faire des affaires ; le privé le fait - évidemment - bien mieux que lui.

 

Trooz a perdu beaucoup d'argent. Combien ?

On laissera notre échevine des Finances le rappeler lors du Conseil communal de lundi prochain, au nom des élus communaux en place en 2008 et 2010 lorsqu'on y croyait encore. Ce n'est pas si loin : juste la mandature avant l'actuelle, dont les acteurs et les témoins pourront nous expliquer si nécessaire le contexte de l'époque.

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Mais encore...

Le refus de privatiser, même partiellement pour commencer, la banque Belfius n'est pas qu'une question de principe (ou d'idéologie).

Conserver une banque publique affranchie de toute tentation de prendre des risques immodérés, dans laquelle les citoyens sont assurés d'y déposer leur épargne en toute sécurité, a aussi un autre avantage : la prestation garantie de services stratégiques à l'économie belge, tel que l'octroi de crédits aux pouvoirs publics !

Une telle banque, disposant d'un ancrage local fort, est le partenaire idéal pour le financement des investissements des communes notamment, et donc de projets utiles à la population : redéploiement d'une infrastructure pour les déplacements doux, transports en commun, écoles, soutien à l’économie locale... ;

Une privatisation mettrait en péril ce potentiel et déforcerait encore un peu plus l'action publique.

 

 



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