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le vrai chaînon manquant de la mobilité

A entendre les transporteurs routiers et les entreprises actives dans la fabrication des routes, il y aurait, en Belgique, plus de 150 lieux où il faudrait activer les bulldozers, faire gronder les bétonneuses et chauffer l’asphalte.

Quand il s'agit de restaurer une infrastructure en place ou d'améliorer la sécurité, on peut le comprendre.

Mais lorsqu'il s'agit de construire de nouvelles routes et de détruire ce qu'il reste de nos espaces agricoles et forestiers, c'est beaucoup plus discutable !

 

La transition, c'est pour quand ?

La Belgique est très peu engagée dans les processus de transition écologique nécessaires pour assurer la préservation de notre cadre de vie et de notre confort... à long terme.

  • On fait un foin du "corridor vélo" qui sera prochainement aménagé aux abords de l'Université, place du Vingt-Août à Liège, qui reliera le pied de la tour Kennedy jusqu'à la place Cockerill et facilitera ainsi l'accès à la rive droite, mais on fait bien trop peu pour engager le transfert modal de la voiture vers les modes de déplacement collectifs (train, tram, bus) et actifs (marche et vélo).
  • On fait un foin de la nouvelle ambassade belge à... Kinshasa qui est le premier bâtiment passif d'Afrique Centrale (non pour l'isoler du froid mais le rafraichir) mais on fait bien trop peu pour rénover des centaines de bâtiments publics vétustes et énergivores (écoles, maisons communales, administrations...).
  • On vote la résolution "Wallonie zéro carbone en 2050" mais on continue de subventionner les voitures de société.
  • On réfléchit à un projet d’interdiction de construire sur des terrains vierges d’ici 2050 mais on continue de déstructurer les villages en urbanisant le long des voiries.
  • On prend conscience de la raréfaction des terres agricoles mais on continue d'y construire de nouveaux zonings industriels.
  • On réfléchit à sortir du nucléaire mais on fait bien trop peu pour diminuer les besoins en énergie.
  • On prétend limiter la place de la voiture en ville mais on fait bien trop peu pour diminuer les capacités de parking pour les non urbains, pour offrir des alternatives crédibles et pour… réduire les besoins en déplacement.
  • On prétend renforcer les villes mais on est toujours incapable de stopper le phénomène de périurbanisation.

Pourtant, de plus en plus de citoyens demandent la transition et... s'y engagent !

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tram de Liège

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ligne 38 Herve

 

 

 

 

Ravel de la ligne 38 à Herve

 

CHB, un vrai non sens.

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La liaison Cerexhe Heuseux - Beaufays, un projet néfaste à bien des égards : fardeau financier, investissement concurrent à l’entretien des infrastructures (auto)routières existantes et vieillissantes, investissement concurrent au développement de transports en commun modernes, encouragement à l’exode rural, à l’urbanisation des campagnes… et à l’accroissement des besoins en mobilité, appel d’air pour plus de voitures et de camions… et in fine plus de congestion, destruction de vastes espaces agricoles et forestiers, altération des paysages.

 

La croissance, alibi à toutes les concessions ?

Beaucoup de gens (surtout de gauche) disent être contre l’austérité budgétaire, celle défendue par Angela Merkel dont l'orthodoxie en la matière n'est plus à démontrer. Dans le contexte actuel, les économistes nous disent que c'est l'investissement public qui est la clé de la reprise dans la zone euro.

Pas les « grands travaux » traditionnels mais les énergies alternatives et les transports en commun, « au risque que nos petits-enfants nous demandent pourquoi nous ne l'avons pas fait à des conditions financières excessivement favorables », comme le dit Paul De Grauwe, célèbre économiste flamand. Des équipements et des infrastructures qui augmentent réellement la valeur des biens publics et qui répondent aux défis les plus aigus d'aujourd'hui.

Vous l'aurez lu dans la presse : le "Pacte national pour les investissements stratégiques" de Charles Michel avance ; une décision a été prise pour 9 milliards d'euros d'investissements publics. Cette somme colossale d'ici à 2020 d'un montant total de 60 milliards d'ici à 2030, sera affectée à la sécurité, l'énergie, le numérique, la mobilité... Sous réserve d'accord de la Communauté européenne pour un réaménagement de la trajectoire budgétaire ; pour cela, il faudra que ces dépenses puissent être considérées comme des investissements, ce qui suppose un caractère "productif" pour l'économie belge, soit des investissements qui puissent soutenir la croissance.

Un chose est sûre : l'argent n'est pas le facteur limitant, mais la capacité des décideurs à percevoir les vrais enjeux et à se projeter dans un avenir lointain.

 

La Belgique, pays de l'autodérision, de l'absurde et du compromis.

La Belgique est le pays au monde qui possède le plus de kilomètres de bitume par habitant. Un pays où la pollution est considérable et où le silence et l’obscurité ont complètement disparu en raison d’un réseau routier d’une densité hallucinante. Notre ciel illuminé par des milliers de réverbères "ancienne génération" déroute les oiseaux migrateurs. La pensée novatrice, inventive, projective est balayée au profit de plans à court terme, à la répétitivité subtilement peaufinée, promis à une caducité inévitable. (inspiré de www.groupementchb.com/accueil/)  

La mobilité est une matière complexe et comporte un nombre considérable de paramètres. La moindre de ses complexités n’est d’ailleurs pas qu’elle nécessite d’appréhender tous les modes de déplacement à la fois, et non un seul, comme c’est le cas lorsqu’il s’agit de régler les soucis de congestion en ajoutant une bande de roulement. Les composantes et la finalité de la mobilité sont avant tout humaines. Les acteurs ne sont pas seulement des entreprises mais aussi des gens aux comportements complexes et parfois contradictoires.

Nul ne conteste désormais que les nuisances dues au trafic routier sont de plus en plus problématiques, à la limite du tolérable. Nul ne nie qu’il faut rééquilibrer les parts de marché des différents modes de transport. Tout le monde reconnaît qu’il faut mieux en comptabiliser les coûts cachés (utilisation d’énergie, pollution, congestion…). Personne ne met en doute qu’il faut lutter contre l’éparpillement de la population en périphérie des villes. Qu’il faut rendre celles-ci plus attractives ; plus sûres, plus propres, moins chères, mieux desservies par les transports en commun. Et chacun sait que des incantations ne suffiront pas pour convaincre les navetteurs d’abandonner leur voiture. (inspiré de www.iew.be)   

Autant de constats étayés, à partir desquels il devrait être possible de concevoir un projet d’avenir à long terme, un message à la population et des choix clairs et cohérents refusant les mesures simplistes…

Appelons ça une politique. De celles qu’on attend toujours.

 

Oui, ça devrait être possible.

 



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