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VEGA dénonce un gros mensonge par omission !

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400 millions d’euros : c’est le montant du nouveau programme d’investissements 2017-2021 de la Société Publique de Gestion de l'Eau (SPGE) que vient d’approuver le Gouvernement wallon. Cette somme s’ajoute aux presque 4 milliards d'euros déjà investis dans l'assainissement des eaux usées domestiques depuis la création de la SPGE en 1999, dont 539 millions pour l’égouttage.

La Wallonie va-t-elle ainsi enfin se conformer aux obligations européennes de la Directive 91/271/CEE qui fixent au 31 décembre… 2005 l’échéance pour l’assainissement des 213 agglomérations wallonnes d’au moins 2.000 équivalents-habitants (EH) ? La Wallonie va-t-elle ainsi atteindre l’objectif du « bon état » des 354 masses d’eau de surface et 33 ME souterraines wallonnes, comme l’impose pour le 22 décembre… 2015 la Directive Cadre 2000/60/CE ?

Ces investissements y contribueront assurément mais cela risque fort de ne pas suffire !

La construction de dizaines de nouvelles stations d’épuration collective et de stations de pompage et la pose de kilomètres de collecteurs vont compléter les équipements situés à l’aval de la filière rejetd’assainissement. Mais c’est aussi et surtout au niveau de la partie amont que le bas blesse ! En effet, les réseaux d’égouttage communaux sont bien souvent vétustes, non étanches, ou incomplets, et les raccordements particuliers des habitations défectueux, avec pour conséquence le rejet sans traitement d’une partie des eaux usées domestiques directement dans la nature. La situation est la plus défavorable dans le centre des villes et des villages qui n’ont pas fait l’objet d’investissements de modernisation et où subsistent de très vielles canalisations, d’une capacité pas toujours suffisante, et parfois même posées sans joints afin d’être drainantes.

Malgré le système de financement de l’égouttage prioritaire mis en place par la SPGE depuis fin 2002, qui permet la réduction de la quote-part communale dans les projets de pose ou de rénovation d'égouts qu'elles souhaitent réaliser (préfinancement et exemption de la TVA), les investissements demeurent largement insuffisants. En 2016, 39 millions d’euros ont ainsi été adjugés pour 140 chantiers d’égouttage en Wallonie. Il en faudrait au moins le double !

Deux exemples concrets, parmi d’autres, permettent de comprendre pourquoi le chemin à parcourir sera encore long et couteux, du fait notamment de l’étalement urbain.

  • L’agglomération de Fraipont-Nessonvaux-Trasenster (Commune de Trooz), d’une taille de 1.700 équivalents-habitants (EH), ne dispose pratiquement d’aucun égout digne de ce nom ; des km de canalisations d’égout devront être posés et des millions d’euros dépensés pour acheminer les eaux usées aux points de reprise par un futur collecteur de la SPGE. Or, la Commune peine déjà à rénover et compléter le réseau dans son autre agglomération de La Brouck-Prayon, équipée depuis 2010 d’une station d’épuration de 13.600 EH, et qui couvre aussi une partie des territoires de Fléron et Chaudfontaine. 

  • La longue Rue de Jupille / des Moulins / de Fléron qui relie Fléron à Beyne-Heusay puis Liège dans l’étroit vallon urbanisé du ruisseau des Moulins. Malgré la construction d’égouts et de collecteurs, les eaux usées provenant des centaines de maisons des quartiers traversés sont mélangées aux eaux du ruisseau ; trop diluées, ces eaux usées ne peuvent être traitées dans la station d’épuration de Liège-Oupeye, plus grande centrale de Wallonie, et sont donc directement rejetées en Meuse au niveau de la station de pompage de Jupille

Le taux d'épuration des eaux usées domestiques en Wallonie est en réalité bien inférieur aux 91% régulièrement avancés par les autorités, chiffre qui n’est rien d’autre que l’addition des capacités théoriques de traitement des stations existantes. Or, tant que les réseaux d’égouts ne seront pas réhabilités et complétés, des dizaines de ces stations d’épuration collective resteront largement sous-alimentées.

Ce chiffre ne tient pas non plus compte des 11 % de la population wallonne soumise au régime d’ « assainissement autonome ». Dans ces zones moins densément peuplées, seules les nouvelles habitations doivent obligatoirement être équipées d’un système d’épuration individuelle dont le bon fonctionnement ne fait l’objet d’aucun contrôle. Les propriétaires des anciennes habitations, non obligés de les équiper d’une micro-station, sont quant à eux peu nombreux à l’avoir fait malgré la prime à l’installation. Heureusement, cette situation va changer avec la réforme qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018.

Le travail de la SPGE qui coordonne et favorise les investissements en matière d’assainissement et d’égouttage, et des 7 organismes d’assainissement agréés qui opèrent sur le terrain, doit être salué.

Mais les communes doivent également poursuivre leurs efforts en rénovant et complétant les réseaux d’égouttage, en privilégiant les investissements ramenant de la charge dans les stations d’épuration existantes, en cadastrant leurs égouts, en obligeant les propriétaires à raccorder leur maison à l’égout… et en informant la population par rapport à cette question de l’épuration des eaux usées.

 

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https://www.aquawal.be/fr/assises-de-l-eau.html?IDC=543

 

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Une nouvelle opportunité pour les communes

Quel que soit le régime d’assainissement autonome ou collectif, il peut être avantageux pour une Commune de s’engager elle-même dans un projet d’épuration des eaux usées d’un ensemble de maisons : cité sociale, bâtiments communaux ou école proches d'habitations… ou problème local de pollution aigue. C’est ce qu’on appelle l’« assainissement rural ».

Comme pour l’égouttage prioritaire, la SPGE propose aujourd’hui de préfinancer et de subsidier de tels projets à hauteur de 60%. Concrètement, elle charge l’organisme d’assainissement agréé (l’AIDE en Province de Liège) de réaliser l’étude, d’adjuger les travaux puis d’exploiter la station, propriété de la SPGE. Une nouvelle opportunité de nature à favoriser les projets intégrés et les économies d’échelle, au bénéfice de l’environnement.

 

 



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