La nature est présente partout, dans les jardins, les bosquets et les massifs forestiers, les rivières et ruisseaux, les prés et les champs… A Trooz, quelques milieux sont néanmoins particulièrement intéressants car ils accueillent des communautés vivantes originales et / ou particulièrement riches et diversifiées. En voici quelques-uns…

La Vesdre : si, comme moi, vous avez vécu cette époque où la rivière était verte le mardi et rouge le jeudi, sans doute êtes-vous toujours étonnés de voir ces pêcheurs à la mouche qui taquinent la truite les pieds dans l’eau. C’est que… de l’eau a coulé sous les ponts depuis les années 70’, lorsque la rivière était pratiquement morte et qu’elle n’attirait les pêcheurs… que pour les vers de vase qu’on y trouvait. Aujourd’hui, la qualité des eaux s’est améliorée suite à la mise en service de 8 stations d’épuration collective dans son bassin versant mais aussi… la fermeture de nombreuses entreprises polluantes ! Pas moins d’une quinzaine d’espèces de poissons vivent dans la Vesdre, connue pour les spécimens exceptionnels de truite fario notamment. Le castor s’est installé en plusieurs endroits le long de la Vesdre et peut-être aussi de ses affluents, où les troncs taillés en crayon témoignent de l’activité de l’animal. La rivière est aussi fréquentée par plusieurs espèces d’oiseaux remarquables comme le martin-pêcheur, la bergeronnette des ruisseaux, le harle bièvre (en hiver), le chevalier guignette…

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Les pelouses calaminaires : dans les « usines de Prayon », dont il subsiste aujourd’hui une haute cheminée en pierres, des générations d’ouvriers ont travaillé le minerais de zinc et notamment assuré la réduction chimique de la blende (sulfure de zinc) pour obtenir du zinc laminable. La désulfuration avec production d’acide sulfurique et réduction des oxydes obtenus dans des fours impliquait le rejet dans l’atmosphère de fumées riches en oxydes acides (SO2, SO3, NO2…) et en poussières métalliques (zinc, plomb, cadmium…).

Le résultat se trouve… sous nos yeux : dès la fin de 19ème siècle, ces « steppes », pelouses ou landes acides qui couvrent des hectares de versants de la Vesdre à Prayon notamment ont remplacé les forêts suite à l’accumulation de ces métaux lourds dans les sols devenus particulièrement hostiles à la colonisation végétale. Seules quelques espèces sauvages ont réussi à développer une résistance à ces conditions extrêmes : les plantes métallophytes (caractéristiques des sites calaminaires) comme la pensée calaminaire (qui colore en jaune de vastes surfaces), le tabouret calaminaire ou le gazon d’Olympe. Voyez aussi ces vieux chênes rabougris parfois très vieux mais qui ne font pas plus de 4 ou 5 m de haut. Les affleurements calcaires du site surmontant la confluence de la Magne avec la Vesdre à Prayon ajoutent à l’intérêt du lieu, en permettant à des plantes calcicoles d’également s’y développer. Vous l’aurez compris, tous ces sites très particuliers présentent une flore très originale et donc rare, mais aussi une entomofaune (insectes) tout aussi intéressante.  Attention : tous ces sites sont privés et les marcheurs doivent rester sur les chemins publics.

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Les bois communaux : les sept grands ensembles boisés couvrent 39% du territoire de la commune de Trooz. Etonnant, non ? Pratiquement tous les versants les plus pentus des vallées de la Vesdre et de ses affluents sont boisés… et privés. Le plus souvent, il s’agit d’essences d’arbres de chez nous (chêne, érable, hêtre…) et la sylviculture y est extensive vu les conditions d’accès difficiles. Sur les terrains moins difficiles, une trentaine de % des surfaces sont constitués de conifères qui restent donc minoritaires par rapport aux feuillus. En plus du sympathique bois communal de la Spinette (sous la Cité du Thier), le vaste massif au sud-est de Trasenster (plus de 160 hectares) est également public, propriété pour moitié de la Commune de Trooz et pour l’autre moitié de la Ville d’Arlon. Géré par le Département de la Nature et des Forêts (DNF), on y trouve des peuplements feuillus mais aussi résineux, plus productifs.

Parsemé de chemins accessibles aux marcheurs, ce vaste massif qui s’épanche vers la vallée de la Vesdre côté nord et s’étend largement au sud sur Sprimont (Bois de Tancrémont), mérite d’être parcouru en toute saison pour une plongée au cœur de l’Ardenne à 10 minutes de chez vous. Le chevreuil, le blaireau, l’écureuil y vivent en toute quiétude. Mais aussi le sanglier qui est en surdensité en Région wallonne et qui commet de gros dégâts aux cultures, et le daim qui provient d’animaux échappés de captivité ! Peut-être aurez-vous la chance d’entendre le cri rauque du grand corbeau, encore une espèce emblématique peu commune dans nos régions.

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La réserve naturelle domaniale de Goffontaine : propriété de la Région wallonne, cette réserve de 4,5 hectares est située en rive gauche de la Vesdre à Goffontaine, juste en face de la station d’épuration du même nom, à mi-chemin entre Pepinster et Trooz. Elle occupe la plaine alluviale de la rivière, et est constituée de trois anciennes prairies de fauche utilisées comme pâtures à chevaux. Bien que d’un intérêt biologique assez moyen, elle accueille notamment la pie-grièche écorcheur qui apprécie les quelques épineux qui parsèment la prairie. Trois mares ont été creusées : leurs différents niveaux d’atterrissement permettent à une grande variété de plantes et d’invertébrés notamment de s’y développer. Attention : l’accès dans la réserve n’est pas autorisé mais elle s’observe très bien de la route voisine.

Le réseau Natura 2000 : en cours de construction à l’échelle de l’Union européenne, ce vaste réseau écologique a pour but de protéger les habitats naturels et les espèces animales ou végétales menacées à l’échelle de l’Europe. La Wallonie abrite 44 habitats (éboulis calcaires, forêts alluviales, prairies de fauche mésophiles, tourbières hautes…) et 31 espèces (pie-grièche écorcheur, moule perlière, loutre, damier de la succise, plusieurs espèces de chauves-souris…) autour desquels le réseau wallon, fort de 240 sites couvrant 220.000 hectares, se construit. Attention, il ne s’agit aucunement de futures réserves naturelles : les aspects socio-économiques doivent être pris en compte ! Il s’agit plutôt, au travers des mesures à respecter dans ces sites, de trouver le meilleur équilibre possible entre les activités humaines et la préservation de la biodiversité.

Et à Trooz me direz-vous ? Le site Natura 2000 BE33016 « Basse vallée de la Vesdre », d’une surface de 338 hectares, couvre essentiellement des zones calaminaires à Trooz et Chaudfontaine. A Trooz, il s’agit évidemment de ces milieux caractéristiques couvrant les « pelouses » des versants de la Magne et de la Vesdre.

Le bocage : les chemins creux, les haies vives bordant les prairies, les lisières de forêt, les boqueteaux, les vieux vergers et les petits espaces sauvages sont autant d’éléments constitutifs du réseau écologique local. Caractéristiques de nos paysages ruraux, ils forment des milieux fréquentés par de nombreuses espèces qui y trouvent le gîte et le couvert, parmi lesquels quantités de passereaux : troglodyte, merle, pinson, bouvreuil, tarin… mais aussi des mustélidés (belette…), des amphibiens (crapauds…), des rapaces (chouette chevêche…)… Bref, tout un bestiaire bien sympathique.   

Citons aussi les mares et les étangs abandonnés, peu nombreux mais véritables réservoirs de biodiversité, les prairies maigres (pas ou peu fertilisées) devenues bien rares mais refuge de nombreuses plantes peu communes, les grottes et cavités qui abritent diverses espèces de chauves-souris, les carrières abandonnées ou en exploitation… et vos jardins, certainement fréquentés par une multitude de bestioles dont vous ne soupçonnez peut-être même pas la présence ! 

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