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S’il y a bien quelque chose qui caractérise la ruralité, ce sont bien les sentiers et chemins… bordés de haies vives ! Ces éléments structurant du territoire embellissent nos paysages, marquent les saisons et offrent le gîte et le couvert à une foule d’animaux sauvages ; oiseaux, petits mammifères, insectes…

Les haies composées d’espèces de chez nous comme le hêtre, le charme, l’aubépine, le prunelier et le noisetier ont aussi pour avantage d’améliorer l’intégration du bâti, bien mieux que les rangées monotones de thuyas et de cyprès.

Nous voici en automne. La nature se fait déjà plus discrète, peut-être se cachera-t-elle un moment sous un manteau neigeux, avant de nous émerveiller à nouveau dès le printemps revenu, comme si c’était la première fois.

C’est le moment de faire les plantations d’arbres et d’arbustes au jardin, avant que le sol ne gèle. Préférons donc les espèces indigènes, plus rustiques, adaptées au climat et au sol de la région et aussi belles que les exotiques.

Quelques conseils pour assurer une bonne reprise :

  • protéger les racines lors du transport ;
  • mettre les plants en jauge s’ils ne sont pas directement plantés ;
  • si le temps est sec, pruner les racines (les tremper dans un mélange de terre et d’eau) avant de les planter dans un trou permettant un bon étalement des racines ;
  • recouvrir les racines de terre meuble et tasser avec le pied pour assurer un bon contact ;
  • tuteurer si nécessaire.

Plus précisément au niveau des haies et massifs d’arbustes :

  • une haie faite d’un mélange d’espèces offre une grande diversité de feuillages, de fleurs et de fruits. Mélanger les tailles (arbres, arbustes et buissons) permet de mettre plus d’espèces sur une même surface et d’obtenir une haie plus touffue ;
  • à l’exception des grands arbres, il est recommandé de planter chaque espèce par petit groupe de 3, 4 ou 5 pieds ;
  • pour les petits plants « forestiers » nombreux à planter pour constituer une haie, une simple entaille dans le sol en T ou en L permet de coincer les racines sous la motte de terre et d’assurer une bonne reprise ;
  • l’entretien des haies varie en fonction de l’objectif poursuivi :
    1.  les haies faisant office de clôture pourront être taillées, au besoin assez sévèrement. Pensez aux espèces à feuilles marcescentessi vous voulez créer des écrans permanents été comme hiver. Les feuilles qui se dessèchent à l’automne restent plusieurs mois sur la plante avant de tomber (jeunes charmes, hêtres, chênes). Les plants seront disposés sur 1 ou 2 rangs et espacés de 25 à 75 cm en fonction des espèces et du développement désiré de la haie ;
    2.  les haies brise-vent ne doivent pas être imperméables afin d’éviter de gênantes turbulences. Les plants seront disposés sur 2 ou 3 rangs. Pour densifier la base, les arbres et arbustes pourront être recépés l’hiver suivant la plantation (coupe près du niveau du sol pour forcer l’émission de pousses sous le point de taille) ;
    3.  si la place le permet, installer une haie libre. Elle ne sera pas taillée annuellement et la croissance ne sera limitée que par un élagage occasionnel, pour contrôler son extension latérale par exemple ;
  • durant les 2 ou 3 années suivant la plantation, les travaux d’entretien consisteront à limiter la concurrence de la végétation autour du pied des plants et à réduire l’évaporation du sol. On préfèrera les techniques de paillage (écorces, paille, déchets végétaux divers…) au film plastique utilisé sur les grands chantiers, ceci afin de favoriser un développement rapide de la vie sauvage ;
  • les arbres « haute tige » doivent être plantés à une distance de 2 m de la limite mitoyenne des propriétés, et les autres arbres, à une distance minimale de 50 cm.

Si vous voulez intégrer dans la haie de votre jardin une faible proportion d’espèces non indigènes, préférez les espèces reconnues pour leur intérêt mellifère, fructifère ou ornemental : amélanchier, berberis, deutzia, groseillier sanguin, weigelia…

Bonnes plantations !

Olivier Baltus                (contact : troozinfo@gmail.com)

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La liste officielle des espèces indigènes est disponible via le lien    http://wallex.wallonie.be/index.php?doc=20517&rev=21514-13584 (annexe 1 du document).

Des conseils avisés pour l’aménagement d’un jardin accueillant pour la nature sur  www.natagora.be

 



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