Il est de ces situations dont personne ne comprend le pourquoi. J’ai donc essayé de savoir…

Début juin, et à la demande des TEC, la Commune ouvre un chantier de remplacement d’un morceau de dalle de béton de la route de la Cité du Thier qui, au fil du temps et en raison de la déstabilisation de ses fondations, a quelque peu bougé. Au total, 8 m² de béton et 6 m courant de rigole.

Début octobre, les ouvriers communaux reviennent une cinquième fois pour finaliser le travail.

Quatre mois durant, les conducteurs de bus auront dû manœuvrer pour éviter les barrières disposées dans le tournant, de même que les automobilistes finalement résignés à emprunter le « giratoire » que constitue la grande pelouse centrale de la Cité dans un sens leur évitant cet obstacle incongru. Sans que personne ne sache pourquoi cette réfection prend autant de temps que celui nécessaire… pour refaire une route entière.

Finalement interpelé par un riverain excédé, et me voyant même – en tant qu’élu habitant l’endroit - reproché par l’échevin de ne pas avoir informé moi-même la population plongée dans l’incrédulité, j’ai été m’adresser directement aux habitants de la Cité du Thier et leur ai posé deux questions :

  • savez-vous pourquoi les 3 barrières Nadar sont en place depuis de si nombreuses semaines dans le tournant de la cité ?
  • trouvez-vous cela logique ?

J’ai rencontré 32 riverains de la Cité sur 39. Résultat : 29 trouvent que les travaux sont anormalement longs et que cela ne se justifie pas ou plus, les autres se déclarant « non concernés ». Résultats sans surprise, surtout quand on sait qu’à 5 m de là, la compagnie des eaux a réparé une fuite… en 3 jours (recherche de la fuite, creusement, rebouchage).

Ce modeste exercice est riche d’enseignements pour les autorités communales : pas mal de personnes sont fatalistes (« ça a toujours été comme cela avec la Commune, on ne doit pas s’attendre à autre chose, j’ai déjà signalé la situation, manifestement sans résultat… »), d’autres incriminent une mauvaise organisation des travaux (« pourquoi les ouvriers communaux font-ils plusieurs choses en même temps ? »). Beaucoup regrettent l’absence totale d’information et de contact direct avec les élus responsables, certaines se demandent si la Commune ne manque pas de moyens pour terminer les travaux. Il y en a même qui proposent de signer une pétition… et un qui affirme qu’ « à l’époque de Denise Laurent, un coup de fil aurait suffit ». Des habitants en profitent pour évoquer d’autres sujets : les bancs entièrement remplacés alors qu’il eu suffit de remettre des planches, le chemin du Bois de la Spinette toujours aussi difficile à emprunter puisque les escaliers n'ont pas été recréés et le passage sous le chemin de fer toujours envahi par les eaux, les panneaux routiers effacés à la chicane de la rue du Thier, le manque total d’informations, les herbes tondues de la pelouse de la cité laissées cet été pendant des semaines en tas ("on n'avait jamais vu ça")…

chantier du Thier - 1

Les habitants de Trooz doivent-ils s’inquiéter ? Le futur chantier d’égouttage de la Grand Rue en 2015 (phase 2) sera-t-il fatal à de nouveaux commerçants ?

J’avais promis à plusieurs de mes voisins du Thier de leur communiquer les raisons de cette situation ubuesque. Une réponse ne pouvant justifier 4 mois de chantier, j’en ai trouvé plusieurs, tellement nombreuses qu’elles se discréditent mutuellement : vacances estivales, priorités nécessitant les ouvriers ailleurs, imprévus, fermeture de la centrale à tarmac au cœur de l’été, problèmes techniques… In fine, personne ne semble se remettre en cause et imaginer trouver les vrais raisons de ce qui demeure un fiasco.

Ce chantier du Thier, mal conduit bien que lilliputien, n’augure rien de bon. Tant sur la forme que sur le fond, il révèle un vrai dysfonctionnement au niveau politique (car ce ne sont certainement pas les ouvriers qui sont à blâmer). Puisse la Commune réfléchir à mieux faire la prochaine fois et apprendre de ses erreurs, pour que les futurs chantiers, et notamment l’égouttage de la Grand Rue prévu en 2015, affecte le moins possible les riverains et commerçants.

Olivier Baltus

 

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