S’investir en politique est une manière d’exercer son rôle de citoyen. Après de nombreuses années d’actions dans le monde associatif notamment, c’est la voie que j’ai choisie et qui m’a conduit, voici un peu plus d’un an, à être élu conseiller communal à Trooz sur la liste EcoVa (regroupement d’Ecolo et de Vivre Autrement).

Etre choisi par une partie de ses concitoyens, c’est autant une fierté qu’une grande responsabilité, particulièrement quand on a la chance d’intégrer la majorité et de participer, à son niveau, à la gestion des affaires communales. Le programme d’EcoVa tel que présenté durant la campagne pour les élections communales d’octobre 2012 était réaliste, cohérant et ambitieux.

  • réaliste car basé sur des connaissances professionnelles, l’expérience du terrain et le vécu des gens ;
  • cohérent car structuré autour de 4 axes définissant la vie en société au niveau local et mettant en lien direct la solidarité entre les gens, la qualité de vie, le développement des personnes et la préservation du cadre de vie ;
  • ambitieux car porteur de plus-value et dessinant des perspectives à moyen et long terme. 

Au moins autant que les élus EcoVa, ce programme a été plébiscité par une partie de l’électorat qui y a vu de belles possibilités de progrès. Au terme des négociations qui conduiront à l’accord de majorité, la plupart de ses idées maitresses seront reprises dans la déclaration de politique générale (DPG), remarquable document de base qui fédère l’équipe dirigeante rouge, bleue et verte. Lue par le nouveau Bourgmestre lors du 1er conseil communal le 3 décembre 2012, ce « programme de gestion » - disponible sur le site internet de la Commune – définit le cap de travail pour toute la législature. 

Ce programme EcoVa, j’ai mis des mois à l’établir avant et pendant la campagne, sans savoir que je mettrais des mois à défendre ensuite la DPG… au sein de ma propre famille politique et plus précisément auprès de mon propre échevin Va ! Mal informé, mis devant le fait accompli, faisant face à une approche déstructurée des matières communales et à un désintérêt croissant pour toute collaboration sérieuse, confronté à une gestion à l’ancienne sans perspective de plus-value, jamais je n’ai pu sortir du microcosme EcoVa et jouer mon rôle… de conseiller communal ! Sans espoir de changement malgré les diverses tentatives, malheureusement.

Je suis convaincu qu’une majorité des habitants attendent de leurs représentants qu’ils mettent en œuvre une vraie politique claire et ambitieuse, basée sur des objectifs précis ; qu’on leur propose une vision cohérente et réfléchie et l’adhésion des citoyens est acquise. Quelle politique veut-on mener en matière de déchets, de patrimoine, de ruralité, d’urbanisme…, avec quels moyens, quels partenaires, quel timing ? Un an d’efforts sans aucune réponse valable à ces questions ! L’addition d’actions ponctuelles et opportunistes n’a jamais fait une politique ; sous prétexte de gestion du quotidien, elles font illusion et masquent l’absence de vue à long terme.

Le pouvoir change-t-il les hommes ? Non, il ne fait que de les révéler, tels qu’ils sont. Pendant toute cette année écoulée, riche d’enseignements, il n’y a jamais eu tromperie, il y a eu confusion : entre la volonté de bien faire et la compétence, entre l’accumulation d’actions ponctuelles et l’établissement d’une vraie politique, entre la réponse aux événements et l’anticipation, entre le discours et la communication, la gestion du quotidien et une vision d’avenir, la défense de ses prérogatives et le travail d’équipe, le repli sur ses seules matières et l’échange constructif avec les partenaires, la quantité de travail et le travail bien fait.

La meilleure façon de prévoir l’avenir, c’est de le fabriquer soi-même. Au-delà des mots, c’est de renouveau politique dont il s’agit : des mentalités, des habitudes, des ambitions, des schémas de pensée. Et parfois aussi des personnes : on ne prépare pas l’avenir avec des hommes du passé ! Les défis de taille ne manquent pas à Trooz : paupérisation d’une partie de la population, financement des services publics, promotion du commerce local, rénovation du tissu urbain, réorganisation des implantations scolaires, bonne gouvernance, motivation du personnel communal, accès à la culture, solitude des personnes âgées… Ici comme ailleurs, et à tous niveaux, des personnes compétentes et constructives s’investissent et imaginent de nouvelles voies en donnant le meilleur d’elles-mêmes. C’est une responsabilité politique que de bâtir avec elles le renouveau communal tant attendu. Cette chance pour Trooz, il faut absolument la saisir, sans plus tarder.

Après des mois d’échanges et d’incompréhension, je quitte EcoVa, et donc la majorité, et intègre l’opposition où je siègerai comme indépendant. Plutôt que de suivre ceux qui me conseillaient de « prendre sur moi » jusqu’à mi-mandat fin 2015 et le remaniement complet des attributions scabinales tel que prévu, je préfère poursuivre mon action en toute liberté et objectivité, et accompagner différemment l’évolution de la Commune. Je me réapproprie le programme EcoVa qui traduit parfaitement mes priorités et mes valeurs (et pour cause…) tout en respectant la ligne établie par la DPG. A mon niveau, je revendiquerai le décloisonnement, la responsabilisation, la mobilisation et la participation, j’encouragerai la poursuite d’une approche transversale et prospective des matières communales et je plaiderai pour une bonne collaboration entre toutes les parties. Mais je dénoncerai aussi les carences et les faiblesses coupables. Dans les matières techniques pour lesquelles je peux prétendre à certaines compétences, j’essayerai d’apporter des idées utiles et réalistes. Je m’ « opposerai » donc constructivement, non pas en cherchant la petite information gênante pour la Commune et en usant des 45 secondes accordées généralement à l’opposition lors des conseils communaux, mais en continuant à faire ce que j’ai toujours fait : exercer de toutes les manières mon rôle de citoyen, en contact avec les Trooziens via le blog www.infotrooz.be.             (contact : troozinfo@gmail.com)

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        Olivier Baltus